Pour poser une prothèse de hanche, le chirurgien peut passer par l’avant de la hanche (voie antérieure) ou par l’arrière (voie postérieure). Les deux techniques donnent d’excellents résultats. Quelles différences montrent les études ?
L’essentiel
Deux chemins vers la même articulation
Avec la voie postérieure, le patient est couché sur le côté et l’incision se trouve à l’arrière de la hanche. Le chirurgien détache puis répare de petits muscles rotateurs. C’est la voie la plus utilisée dans le monde, avec un recul très long.
Avec la voie antérieure, le patient est couché sur le dos et l’incision se trouve à l’avant de la hanche. Le chirurgien passe entre les muscles, en les écartant, sans les couper. C’est la technique que nous utilisons à l’ICSA Paris Nord (voir le déroulement de l’intervention).
Les premiers jours : un léger avantage pour la voie antérieure
Une méta-analyse de sept essais randomisés (609 patients) a comparé les deux voies pendant l’hospitalisation. Avec la voie antérieure, la cicatrice était un peu plus courte, la douleur légèrement moindre, la consommation de morphiniques plus faible et la sortie avancée d’environ une demi-journée. L’intervention durait en revanche un peu plus longtemps [1].
Une méta-analyse plus ancienne, regroupant 17 études, retrouvait aussi un séjour plus court et moins de luxations avec la voie antérieure, sans supériorité nette de l’une ou l’autre sur l’ensemble des critères [2].
À plus long terme : des complications différentes
En analysant près de 164 000 prothèses suivies au moins un an, des chercheurs ont observé avec la voie antérieure moins d’infections, moins de luxations et moins de réinterventions. En contrepartie, les troubles de la sensibilité de la cuisse étaient plus fréquents [3]. Ils sont liés à une petite branche nerveuse, le nerf cutané latéral de la cuisse, qui passe près de l’incision (en savoir plus).
Ce qui compte vraiment
Les auteurs de ces travaux le rappellent : les différences entre les deux voies sont modestes, et l’expérience du chirurgien dans sa technique compte autant que la voie elle-même [1, 2]. Le positionnement des implants, préparé chez nous par une planification 3D sur scanner, joue aussi un rôle majeur dans la stabilité et la longueur de la jambe.
Questions fréquentes
La voie antérieure est-elle « mini-invasive » ?
Elle respecte les muscles, qui sont écartés et non coupés. La taille de la cicatrice est un critère secondaire : ce qui compte, c’est le respect des tissus et la précision de la pose.
Peut-on toujours opérer par voie antérieure ?
Dans la grande majorité des cas, oui. Certaines situations particulières (ancienne chirurgie, déformation importante) sont discutées au cas par cas en consultation.
Les précautions sont-elles les mêmes après les deux voies ?
Non. Après une voie antérieure, il faut surtout éviter l’association de la jambe tendue en arrière et du pied tourné vers l’extérieur pendant 3 mois.
Consulter pour une prothèse de hanche à Paris et en Île-de-France
Les chirurgiens orthopédistes de l’ICSA Paris Nord consultent à la Clinique du Landy (Saint-Ouen, 93), à la Clinique des Maussins-Nollet (Paris 19e) et à la Clinique des Lilas (93). Ces établissements sont accessibles en métro (lignes 11 et 13) depuis Paris et toute l’Île-de-France. Nous recevons aussi des patients venus d’autres régions.
Prendre rendez-vous sur DoctolibRéférences
- Miller LE, Kamath AF, Boettner F, Bhattacharyya SK. In-hospital outcomes with anterior versus posterior approaches in total hip arthroplasty: meta-analysis of randomized controlled trials. J Pain Res. 2018;11:1327-1334. PubMed
- Higgins BT, Barlow DR, Heagerty NE, Lin TJ. Anterior vs. posterior approach for total hip arthroplasty, a systematic review and meta-analysis. J Arthroplasty. 2015;30(3):419-34. PubMed
- Miller LE, Gondusky JS, Kamath AF, et al. Influence of surgical approach on complication risk in primary total hip arthroplasty. Acta Orthop. 2018;89(3):289-294. PubMed
Article rédigé par le Dr Elliott Kierszbaum, chirurgien orthopédiste à l’ICSA Paris Nord. Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation.