Insensibilité de la cuisse après une prothèse de hanche par voie antérieure

Mains d'un kinésithérapeute posées sur la jambe d'un patient
Photo : Unsplash

Après une prothèse de hanche par voie antérieure, certains patients remarquent une zone engourdie ou des fourmillements sur l’avant et le côté de la cuisse. C’est un effet connu de cette technique, le plus souvent sans conséquence sur la marche.

L’essentiel

Un nerf de la sensibilitésans rôle dans la force ou la marche.
Fréquentavec la voie antérieure, sous une forme souvent légère.
Une gêne qui diminueavec le temps, même si elle persiste parfois en partie.

Le nerf cutané latéral de la cuisse

Ce petit nerf passe juste sous la peau, près de l’os du bassin, puis descend sur la face antérieure et externe de la cuisse. Il ne commande aucun muscle : il transmet seulement la sensibilité de la peau de cette zone. Lors d’une voie antérieure, l’incision passe à proximité, et ses fines branches peuvent être étirées ou irritées.

Un phénomène fréquent, rarement gênant

Une étude canadienne a suivi 132 patients opérés par voie antérieure. Après une prothèse totale de hanche, 67 % des patients signalaient une modification de la sensibilité de la cuisse, d’intensité généralement faible (2,3 sur 10 en moyenne). Elle n’entraînait aucune limitation fonctionnelle sur les scores de marche et de qualité de vie. Les symptômes diminuaient avec le temps, même si une disparition complète restait peu fréquente au bout d’un an [1].

Les grandes analyses comparant les voies d’abord confirment que ces troubles de sensibilité sont plus fréquents avec la voie antérieure, alors que d’autres complications, comme la luxation, y sont moins fréquentes [2] (voir notre comparaison).

À quoi ressemblent les symptômes ?

  • Une zone de peau moins sensible, « cartonnée », sur l’avant ou le côté de la cuisse.
  • Des fourmillements ou picotements.
  • Plus rarement, une sensation de brûlure au frottement des vêtements.

Ces symptômes ne signifient pas que la prothèse est mal posée, et ils n’empêchent ni la marche ni la rééducation.

Que faire ?

  • Le plus souvent, rien de particulier : la gêne s’atténue progressivement.
  • Éviter les ceintures ou vêtements très serrés sur la zone si le frottement est désagréable.
  • Signaler une douleur de type brûlure importante lors de la consultation de contrôle : un traitement peut alors être proposé.

Questions fréquentes

La zone insensible va-t-elle s’agrandir ?

Non. La zone est en général maximale juste après l’opération, puis a tendance à se réduire.

Ce trouble affecte-t-il la force de la jambe ?

Non. Ce nerf ne transmet que la sensibilité de la peau ; il ne commande aucun muscle.

Peut-on l’éviter complètement ?

Le chirurgien prend soin de protéger le nerf, mais ses branches sont fines et variables d’une personne à l’autre. Le risque ne peut pas être totalement supprimé.

Consulter pour une prothèse de hanche à Paris et en Île-de-France

Les chirurgiens orthopédistes de l’ICSA Paris Nord consultent à la Clinique du Landy (Saint-Ouen, 93), à la Clinique des Maussins-Nollet (Paris 19e) et à la Clinique des Lilas (93). Ces établissements sont accessibles en métro (lignes 11 et 13) depuis Paris et toute l’Île-de-France. Nous recevons aussi des patients venus d’autres régions.

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Références

  1. Goulding K, Beaulé PE, Kim PR, Fazekas A. Incidence of lateral femoral cutaneous nerve neuropraxia after anterior approach hip arthroplasty. Clin Orthop Relat Res. 2010;468(9):2397-404. PubMed
  2. Miller LE, Gondusky JS, Kamath AF, et al. Influence of surgical approach on complication risk in primary total hip arthroplasty. Acta Orthop. 2018;89(3):289-294. PubMed

Article rédigé par le Dr Elliott Kierszbaum, chirurgien orthopédiste à l’ICSA Paris Nord. Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation.

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